Production & Consommation

Notre modèle économique est à bout de souffle. Les petites réformes n’y changeront rien. Il est temps d’engager une refondation profonde de nos modes de production, de consommation et de vie.

Nous devons engager une nouvelle bataille pour la compétitivité, faire évoluer notre modèle énergétique, préserver notre environnement et restaurer notre cadre de vie.

23- Baisser de manière significative le coût du travail

Pour la production, l’impératif a un nom, c’est la compétitivité. Nous avons un devoir vis-à-vis de la compétitivité de nos entreprises. Baisser le coût du travail est nécessaire pour renforcer notre compétitivité, notamment dans l’espace européen, et donc produire plus de richesses. C’est un effort important que nous devons consentir, en diminuant de quatre points les charges des entreprises sur le travail. Les sommes seront notamment récupérées par un transfert de ces charges sur la TVA.

Mesures
- Baisse de 60 milliards du volume des cotisations sociales (patronales et salariales)
- Encadrement des négociations visant à décider de l’emploi des baisses de charge, entre un impératif de compétitivité pour les entreprises et un impératif de hausse des salaires, notamment des plus petits
- Augmentation du taux de TVA de 2,5 points, en complément de la hausse de la CSG et de l’Impôt sur les sociétés

24- Jeter les bases d’une véritable stratégie industrielle mêlant les échelons nationaux et locaux : création d’un Conseil National Stratégique

Comment voulez-vous mener une stratégie sans que les acteurs concernés participent à son élaboration, et sans que les moyens soient mis sur la table ? Les ministères, tels qu’ils existent, fabriquent des règles administratives, mais ne définissent pas de stratégies. Ils ne l’animent pas, et en suivent encore moins la mise en œuvre.

Au niveau national, nous devons d’une part définir et piloter les stratégies de nos grandes filières – l’énergie, l’aéronautique, le transport, l’agroalimentaire, la recherche médicale, etc. –, puis des projets communs à ces industries – transition énergétique, croissance verte, dynamisation du secteur portuaire – et enfin piloter l’ensemble des pôles de compétitivité, c’est-à-dire définir ce que l’Etat pourra faire pour eux en fonction de leurs résultats et de leurs besoins.
Donner une nouvelle impulsion stratégique, c’est la tâche d’un Conseil National Stratégique qui devra fédérer les expertises et les capacités en faveur de l’économie. Cela signifie concrètement mettre autour de la table les pouvoirs publics, et notamment les acteurs d’un nouveau Conseil Territorial (réunissant les régions françaises), ainsi que les représentants compétents du Parlement en matière économique, mais aussi les décideurs économiques et les grands entrepreneurs ainsi que les représentants des forces syndicales. La planification a décliné parce qu’elle plaquait une vision administrative sur la réalité complexe, libre, mouvante de l’économie de marché. Mobilisons aujourd’hui cette diversité de talents au service de la réussite collective. L’aboutissement d’une démarche de patriotisme économique, c’est de faire dialoguer l’intérêt général et les intérêts des acteurs privés.

Mesures
- Création d’un Conseil National Stratégique auprès du Président de la République et réunissant les représentants de l’ensemble des acteurs économiques (entrepreneurs, banques, pouvoirs publics), politiques (Commissions compétentes de l’Assemblée Nationale et du Sénat) et sociaux (Syndicats et organisations patronales).
- Nomination d’un entrepreneur reconnu à la tête du CNS pour symboliser la stratégie de redressement national par le dynamisme économique et entrepreneurial

25- Développer nos PME à travers des filières d’excellence pour une qualité à la française

Nous avons aussi un devoir vis-à-vis des PME, qui représentent les deux tiers des emplois dans notre pays. Elles sont fragilisées, coupées des ressources financières, entravées dans leur développement international. Leur situation est telle qu’un plan d’urgence pour les PME est nécessaire, qui portera à la fois sur leur trésorerie pour éviter les défaillances, et sur leurs fonds propres pour leur permettre de préparer l’avenir. Là sont nos emplois actuels et futurs. On parle, et on a raison, du rôle clef des PME dans la situation de l’emploi. Mais les PME ne naissent pas dans les choux et ne prospèrent pas par miracle. Elles naissent parce qu’il existe une opportunité de marché, des donneurs d’ordre de premier rang, des perspectives de croissance, un environnement favorable au renforcement permanent de leur compétitivité. Mettons des moyens massifs sur quelques filières d’excellence, et nous verrons décoller l’emploi des PME.

Créer des emplois dans les PME, c’est attirer des entrepreneurs dans un secteur porteur, c’est les doter en fonds propres, leur assurer des commandes par le parrainage de grands groupes, créer les conditions favorables à la création d’avantages compétitifs durables sur des marchés internationaux, en les plaçant dans un environnement favorable de formation, de recherche, de logistique, en leur donnant des contacts commerciaux à l’international, et en les assurant du soutien de la puissance publique. Lorsque toutes ces conditions sont réunies, les PME décollent. Il faut recréer des pôles de compétitivité sérieux, taillés pour l’international. Il faut que ces pôles soient dirigés. Non pas dirigés par des fonctionnaires de l’Etat, mais par les acteurs eux-mêmes, qui viendront autour de la table parce qu’ils y auront tous intérêt, du dirigeant de grand groupe au patron de PME, en passant par le président d’université, le préfet et le représentant de la région.

Mesures
- Analyse et sélection des filières d’excellence industrielle par le Conseil National Stratégique (notamment autour du numérique, de l’aéronautique, de l’énergie, de l’automobile)
- Effort de R&D industrielle, public et privé, afin d’aider les PME françaises à monter en gamme et à gagner des parts de marché à l’export
- Regroupement et renforcement des pôles de compétitivité afin de retrouver leur dimension internationale
- Réforme de la gouvernance des pôles de compétitivité afin de donner plus de pouvoirs aux dirigeants de PME et de grandes entreprises, en lien avec les représentants du monde universitaires, des régions et de l’Etat
- Relance de l’investissement en faveur des TPE et PME d’Outre-Mer afin de les aider à compenser leur handicaps structurels (insularité, difficultés de transport, aléas climatiques)

26- Amener les banques à contribuer positivement à l’économie française

La crise de 2008 a montré les défaillances du système bancaire pour financer l’économie réelle. C’est pourquoi nous devons mettre en œuvre une régulation à travers un service public bancaire qui donnera un cadre d’action aux établissements privés, notamment en termes de financement des PME à partir des encours d’assurance-vie. Ce service public bancaire devra également assurer des missions de proximité et d’accès universel pour les citoyens. L’enjeu, c’est de restaurer la confiance entre les Français et leurs banques.

Mesures
- Création par loi cadre d’un service public bancaire assurant le suivi des directives et règles devant être suivies par les banques pour le financement de l’économie française, notamment des PME
- Création du « 1% PME », soit l’allocation d’un pourcent de l’encours des produits d’assurance vie au financement de projets portés par des PME dans le cadre de filières d’excellence
- Définition et mise en oeuvre, par le service public bancaire, d’un cadre d’accès universel aux banques pour tous les citoyens

27- En finir avec le gaspillage et restaurer notre cadre de vie

En ce qui concerne la consommation, la tâche n’est pas moins importante que pour la production. Nous devons prendre conscience du fait que nous sommes arrivés au bout d’un modèle de gaspillage et de fuite en avant. Le temps de l’après-crise, que nous le voulions ou non, sera régi par la sobriété. C’est une discipline nouvelle à trouver pour chaque personne mais c’est aussi un désir profond que nous avons en nous, parce qu’un environnement sain est la condition de notre propre épanouissement. C’est une condition de notre liberté, et de notre santé, tant personnelle que publique. La sécurité alimentaire et sanitaire est dans nos sociétés complexes un des devoirs essentiels de l’Etat. Nous sommes allés trop loin dans des formes de consommation qui mettent en danger l’eau, l’air, nos corps.

C’est un enjeu pour l’identité de la France car notre pays s’est construit sur un héritage de paysages et de terroirs. La standardisation spectaculaire du territoire comporte des risques irrévocables. Partout surgissent les mêmes boîtes à chaussure géantes qui servent de centres commerciaux. C’est un enjeu, ne l’oublions pas, pour la destinée de l’humanité tout entière. Le réchauffement climatique, les risques réels ou supposés des OGM, l’épuisement des ressources naturelles, tout cela concerne l’avenir même de l’humanité.

Cette transition doit aller jusqu’à celle de nos modes de vie, en agissant sur deux sujets clefs : d’abord sur les paysages et nos cadres de vie, à travers une Charte des paysages et des centres des villes, qui s’imposerait aux Plans Locaux d’Urbanisme, par exemple. Mais simultanément il faudra aussi prendre à bras-le-corps les questions de transport, en favorisant systématiquement ceux qui ont le bilan énergétique le plus sobre, en menant une grande réflexion nationale, mais pilotée au niveau régional, sur les transports domicile-travail, qui devra déboucher sur des propositions fortes de réduction du trafic routier.

Dans cet esprit, il faut moduler l’impôt sur les sociétés en fonction de critères environnementaux. Mais pas dans une logique punitive, car nous aiderons d’abord les entreprises à changer de leur propre initiative.

Il est logique de mener parallèlement une transition de la consommation, car nous devons prendre conscience que notre modèle n’est plus viable. Si tous les habitants du monde consommaient comme nous, cinq planètes seraient nécessaires pour satisfaire leurs besoins. Commençons par les logements, dont un grand plan vert améliorera l’efficacité énergétique. Mettons en place une fiscalité eco-modulable en fonction de l’impact sur l’environnement des produits de consommation devra être mise en place, sur le principe d’un bonus-malus généralisé, dans le cadre d’une TVA emploi, environnement, exportations. L’enjeu de ce système est de compenser les effets sur la santé et l’environnement des produits considérés, en promouvant les produits sûrs et économes en ressources écologiques.

C’est pourquoi nous devons entrer dans un temps de transition.
Transition de la production car nous devons favoriser les produits les plus respectueux de l’environnement. Une des questions sera bien sûr : que faire du nucléaire ? Donnons-nous les moyens de faire un choix, car en vérité nous sommes pris en étau dans un faux choix : sortir du nucléaire tout de suite à un coût exorbitant, ou conserver sa part actuelle dans la production électrique, à un coût tout aussi exorbitant. Je propose un Grenelle de l’énergie pour aborder dans un débat public serein l’ensemble des possibilités pour l’approvisionnement et l’indépendance énergétique de notre pays. Les conclusions de ce débat feront l’objet d’un projet de loi qui sera soumis à referendum populaire.

Mesures
- Instauration d’une TVA Emploi, Environnement, Exportations favorisant les produits surs et économes
- Grenelle de l’énergie devant évoquer l’ensemble des questions énergétiques françaises et notamment la part du nucléaire dans la production électrique. Adoption par référendum de la politique énergétique de la France à l’issue de ce Grenelle de l’énergie, qui pourra être notamment la perspective de réduction de l’énergie nucléaire dans notre mix énergétique, à hauteur de 50% à l’horizon des prochaines décennies.
- Elaboration d’une fiscalité incitative pour les entreprises via une modulation de l’impôt sur les sociétés en fonction de critères liés à l’emploi et au respect de l’environnement
- Réforme des autorités de veille sanitaire et alimentaire afin de renforcer leur indépendance et de leur permettre ainsi de mieux jouer leur rôle de conseil et d’alerte auprès des pouvoirs publics sur tous les enjeux sanitaires et alimentaires (médicaments, OGM, etc.)
- Elaboration et mise en application d’une charte des paysages et des centres villes pour préserver voire restaurer l’identité de nos territoires, de nos terroirs, de notre culture

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